L’écrit n’est pas réservé à une élite. Quiconque a le droit de prendre du plaisir à écrire. Comme n’importe quelle autre activité, elle se découvre, s’apprend, se travaille. Bien évidemment, le matériel premier est en soi et l’on va s’en servir. L’intérêt cependant, réside dans ce que l’on fera de cette intimité là pour la transformer, la rebâtir en un objet qui dira notre rapport au monde en y incluant sa dimension esthétique. Ces allers-retours permanents entre l’absorption de soi et au contraire le détachement, la prise de recul nécessaire, rendent le travail en atelier d’écriture passionnant.
Il s’agit de proposer des conditions propices à l’écriture. Une séance comporte 3 temps :
Chaque séance débute par la lecture des textes écrits par les participants entre deux séances. C’est un moment fort puisque chaque texte va être entendu puis commenté par l’animateur et l’ensemble des participants. On s’attachera à commenter, à dire ce que l’on pense, ce que l’on perçoit du texte (et non de son auteur). Ceci au travers de ce que j’appelle « l’intention de l’écrit ». C’est par rapport à cette intention là, que la qualité du texte peut être débattue. Ce sont aussi les questions d'architecture, de dramaturgie d’un texte que l’on peut commenter. Les retours sont appréciables, constructifs et permettent à l’auteur du texte d’être à la fois entendu, reconnu, mais aussi de défendre son texte, de l’améliorer, de le retravailler.
Le deuxième temps consiste en des jeux d’écriture collectifs lors desquels la dimension ludique et la spontanéité sont recherchées. On y travaille des formes plus courtes qui favorisent le lâcher-prise. Dans cette phase, on ne commente pas plus que l’on analyse. On goûte simplement les résultats, souvent étonnants, ainsi obtenus.
La dernière phase consiste à donner la ou les propositions d’écriture au choix, qui vont permettre l’écriture du texte pour la séance suivante. Je crois beaucoup à la contrainte comme guide d’écriture. Ainsi, en variant les sources « d’inspiration », on permet à l’écriture d’exister. On peut partir d’un extrait de film, d’un tableau, d’une source musicale, d’un simple titre, pour lancer l’écriture.