Nouveau, en partenariat avec Le Théâtre de l’Escale
Extrait de Téquila Shot
photo Parfati
L’Atelier d’écriture théâtrale se distingue des autres ateliers d’écriture. Dans la mesure où les textes sont destinés à être dits et joués, l’approche des mots écrits sera forcément différente.
Ecrire pour le théâtre c’est prendre conscience de la dimension sonore de la langue. On travaillera dans ce sens là, en ayant cette obligation en tête. Les mots, les répliques doivent sonner.
C’est aussi incarner son écriture, la mettre au service d’un personnage, mais aussi d’un comédien, d’un visage, d’une voix. La confronter au plateau.
C’est également condenser son écriture. Koltès disait « écrire c’est savoir couper ». Au théâtre pas ou peu de descriptions, une dramaturgie, des personnages et en avant ! C’est aussi laisser la place aux comédiens de dire ce que le texte ne dit pas.
Ecrire du théâtre, c’est aussi transmettre, c’est n’être qu’un élément dans une chaîne, c’est abandonner son texte à d’autres qui vont continuer de l’écrire, voire le réécrire par l’interprétation, la mise en scène qu’ils en feront.
Ecrire du théâtre, c’est enfin prendre une place, prendre ou donner la parole à des personnages pour dire ce qui nous est essentiel et que les spectateurs verront et entendront.
L’écriture théâtrale est le plus souvent polyphonique. On y fait entrer des personnages un à un, comme des instruments. Il faudra veiller à ce que l’ensemble soit audible bien sur, mais aussi et surtout que chacune des petites musiques soient également perceptibles et sonores.
L’écriture est souvent perçue comme une activité solitaire et la plupart du temps elle l’est. Dans le cadre d’un atelier d’écriture théâtrale, il est plus facile d’écrire à plusieurs mains. En effet, les différences de style, de tonalité, parfois gênantes dans des écrits de type récit, ou nouvelles ou roman, trouvent ici au contraire toute leur place et sont même les bienvenues. C’est d’ailleurs là, sur un thème, une situation ou un personnage donné, que les différences d’écriture vont s’exprimer et donner le relief attendu.
Enfin c’est véritablement en confrontant le texte au plateau, dans sa mise en voix, que l’on se rendra compte de s’il tient ou pas. Nul besoin de censure, de maître délivrant la bonne parole. Et comme chacun a des choses à dire, chacun peut écrire du théâtre, ce n’est ensuite qu’une question d’architecture , de respiration et de rythme que l’on donne au texte.